L'aéronautique connaît actuellement une belle dynamique. Ce secteur d'activité se montre ainsi particulièrement porteur en termes de croissance. Existent-ils des opportunités pour les jeunes diplômés ? Orientations fait le point.

L'aéronautique est un secteur qui connaît actuellement une très bonne dynamique. L'aéronautique est un secteur qui connaît actuellement une très bonne dynamique.
L'aéronautique est un secteur qui connaît actuellement une très bonne dynamique.
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L'aéronautique est l'un des secteurs qui se porte actuellement le mieux, malgré la difficile conjoncture économique. Cette activité promet ainsi d'embaucher de nombreux jeunes. Effet de mode éphémère ? « Non, pas du tout », répond Nicolas Leroy, directeur des divisions Industrie et Achats/Supply Chain chez Michael Page.

« Il y a une inertie importante dans les projets aéronautiques : ils sont lancés sur plusieurs années et engagent des montants colossaux. Les fluctuations de la conjoncture ne remettent pas systématiquement en cause ces projets. C'est la raison pour laquelle l'aéronautique peut vivre un point haut, bien que la conjoncture économique soit mauvaise. Ce n'est pas du tout un effet de mode », souligne-t-il.

La France, un pays qui recrute

Autre bonne nouvelle : il n'est pas nécessaire de s'expatrier vers un pays émergent pour être recruté. « Il y a la France, bien sûr, avec Airbus, EADS, Dassault,... Les Etats-Unis, également, avec Boeing, et le Canada, avec Bombardier. Ce sont les trois grands pôles de l'aéronautique », énumère Mathieu de Redon, manager exécutif senior chez Page Personnel.

En France, le chiffre d'affaires total de l'industrie aéronautique était de 50,7 milliards d'euros en 2014. Un secteur dans lequel travaillent 180 000 personnes, selon le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).

Des débouchés très variés

« C'est un secteur florissant. Bien sûr, il est parfois difficile d'avoir une première expérience, comme partout en France, mais il y a des moyens, comme l'intérim par exemple », avance Mathieu de Redon. Et les besoins vont bon train. « Chaque année, il y a de nouveaux recrutements. Souvent, ils sont annoncés lors de la période à laquelle se déroule le salon du Bourget » argue-t-il.

Des prévisions qui portent sur certaines professions bien particulières. « Les profils 'techniques' vont être recherchés dans les prochaines années : personnel spécialiste de l'assemblage, de la logistique,... », précise Mathieu de Redon.

Chez les ingénieurs, Nicolas Leroy explique que ce sont avant tout « des ingénieurs en Recherche et Développement, en gestion de programme,... » qui vont être fortement demandés.

Une formation encore peu dynamique

Mathieu de Redon souligne par ailleurs qu'« il faut des formateurs. Or, ces derniers sont eux-mêmes opérationnels, et doivent être sur le terrain. Nous en manquons de ce fait ».

De plus, « d'une manière générale, les formations ne sont pas forcément adaptées aux besoins des entreprises dans l'aéronautique ou ailleurs. Il faut trois ans pour former un ingénieur. Nous devons donc anticiper les métiers qui vont être en tension à moyen terme, pour répondre correctement à cette demande. On peut manquer d'informaticiens et, trois ans plus tard, que ce soit les ingénieurs en aéronautique qui manquent », prévient Nicolas Leroy.

Il faut également noter qu'au niveau des réorientations, tout est envisageable. « C'est toujours mieux de montrer un attrait  pour le secteur dès le début de sa carrière, pendant ses stages ou dans le choix de sa formation. Mais rien n'est définitif dans le recrutement. Néanmoins, plus la fonction est spécialisée, plus il est difficile de se reconvertir dans un autre secteur. Au contraire, plus le domaine de compétence est transversal, plus il est facile d'évoluer », ajoute Nicolas Leroy.

Un secteur à féminiser

Les deux spécialistes sont d'accord sur un point : l'aéronautique doit être féminisée. « Les fonctions techniques attirent de moins en moins de jeunes. Mais ce sont traditionnellement les hommes qui s'orientent en majorité vers ces métiers. Il y a un problème d'attractivité des filières scientifiques concernant les femmes. C'est pourquoi certaines entreprises cherchent à féminiser des fonctions, dans un soucis de mixité », précise Nicolas Leroy.

« Il faudrait remonter plus loin, au moment où les carrières se dessinent, pour intéresser plus les jeunes filles aux métiers techniques et industriels », propose-t-il.

De son côté, Mathieu de Redon se montre un peu moins sceptique. « Le secteur a tendance à se féminiser, notamment dans les fonctions de support. Pour les fonctions de production, notamment c'est plus aléatoire. Dans tous les cas, il y a encore beaucoup à faire », reconnaît-il néanmoins.

En 2015, à l'occasion du salon du Bourget, l'association « Elles bougent » a fait découvrir à 150 lycéennes les métiers de l'aéronautique et du spatial. Une opportunité pour ces dernières de voir les différentes possibilités existantes dans ce secteur d'avenir.

Dernière mise à jour : 4 septembre 2015