Selon une campagne du Medef, l’école serait responsable du chômage. Malgré les réactions outrées de toutes parts, le syndicat patronal assume ses propos. 

« Si l’école faisait son travail, j’aurais du travail. » Voilà un slogan (très recherché) qui ne passe pas. Signé par le Medef, il est dénoncé par les enseignants et la majorité de la classe politique, à commencer par le ministre de l’éducation nationale. 

C’est un communiqué de la Fédération syndicale unitaire (FSU) qui a ressorti le visuel du syndicat de Pierre Gattaz. Intitulé « Le Medef n’a pas le droit d’insulter l’école », il dénonce cette campagne qui « affiche son mépris pour le service public d’éducation, ses personnels et ses élèves ».

« Une insulte pour tous les enseignants du pays »

A travers ces « propos aussi irresponsables et aussi insultants », la FSU pense que « le Medef cherche sans doute à faire oublier que les entreprises n’ont pas réussi à créer le million d’emplois promis comme devant résulter du CICE ». 

« Cette phrase du Medef est une insulte pour tous les enseignants du pays, a complété Bernadette Groison, présidente de la FSU, auprès de Franceinfo. C’est grossier, totalement faux et injuste. C’est jeter l’école en pâture ! »

Le slogan ravageur n’est pourtant pas nouveau. Il fait partie d’un « manifeste pour l’éducation » publié le 14 juin. Le visuel du slogan apparaît comme publicité sur des sites classiques, et renvoie vers eduquerformer.fr, site mis en ligne par le Medef qui recense des propositions « face à un système éducatif à bout de souffle ».

Le Medef persiste et signe

Repéré en ligne par le FSU, le slogan est tout à fait assumé par le Medef, qui tente de justifier que « les enseignants de doivent pas le prendre pour eux » auprès de Franceinfo. « C’est bien l’école d’aujourd’hui qui débouche sur un chômage de masse des jeunes français, une éducation trop académique et pas assez professionnelle », soutient le service presse du syndicat du patronat. 

Seule réaction publique du Medef, un tweet, qui pourrait ressembler à de l’autodérision mais en aucun cas à des regrets ou des excuses : le slogan estampillé du hashtag #MaBlagueNulle.

Le trolleur trollé

Sans conteste, le caractère provocateur de la formule lui aura apporté une certaine aura médiatique. Mais si c’est déjà l’un des sujets les plus traités de cette journée, il ne semble pas avoir beaucoup de partisans. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, s’est lui-même fendu d’un tweet exprimant sa consternation et demandant le retrait du slogan.

L’ancien ministre de l’éducation nationale et candidat à la présidentielle de 2017, Benoît Hamon, a lui aussi tweeté son opposition à la campagne. Tous deux sont rejoints par syndicats, enseignants et simples utilisateurs du réseau social, qui n’hésitent pas à rappeler à M Gattaz son engagement à créer un million d’emplois dans le cadre de l’accord autour du CICE.