Ce mercredi 24 janvier, le premier rapport pour la réforme du nouveau bac a été présenté, laissant passer quelques indices, avant d’élaborer le projet de réforme définitif.

A partir de 2021, le bac tel qu’on le connaît aujourd’hui ne sera plus. A la place, une nouvelle version, que le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer a demandé « plus musclée ».

Missionné cet automne par le ministère, Pierre Mathiot, ancien directeur de Sciences-Po Lille, a remis son rapport à Jean-Michel Blanquer, ce mercredi 24 janvier. 

Encore rien d'officiel

Il convient bien d’insister sur le fait que les changements préconisés dans ce rapport ne sont pas définitifs mais constituent une liste de propositions qui entreront en compte dans le projet définitif de la réforme. Celui-ci sera présenté devant le conseil des ministres le 14 février prochain. 

En outre, pour élaborer ce rapport, Pierre Mathiot et son équipe ont suivi une ligne directrice établie à partir du programme présidentiel d’Emmanuel Macron et du discours de politique générale du premier ministre Edouard Philippe.

Avec l’objectif de mieux préparer les lycéens à l’entrée dans le supérieur, la potentielle nouvelle version de l’examen a été en partie inspirée de son homologue italien, le colloquio. Point par point, voici les nouveautés proposées dans le rapport

Entrée en vigueur en 2021

L'une des seules quasi-certitudes dont on dispose, c'est que le nouveau bac entrera en vigueur à la fin de l’année scolaire 2020-2021. Mais dès la rentrée 2018, les premiers éléments de la réforme du lycée devraient commencer pour les élèves de seconde.

En 2019, cette même génération entrera en première, et sera accompagnée de nouveaux changements. Puis en terminale en 2020, quand s’appliqueront les derniers éléments de la réforment du lycée, dont la nouvelle épreuve finale. Par ailleurs, les programmes subiront quelques ajustements à partir de la rentrée 2019.

Découpage en semestre

Fini le traditionnel découpage en trimestre. Avec la réforme du bac, les années scolaires seraient scindées en deux semestres, et ce dès la seconde. Durant cette première année de lycée, les élèves pourraient suivre un programme commun pendant le premier semestre, puis choisir une ou deux matières de spécialité pour le second semestre.

Si cela pourrait permettre aux élèves de s’initier à un parcours scientifique, économique ou littéraire, ils ne seraient toutefois pas engagés dans cette voix et pourraient changer de spécialité en première. 

Fin des filières S, ES et L

C’est un projet qui a fait beaucoup parler de lui, mais que Jean-Michel Blanquer refuse (pour l’instant) de confirmer. Pierre Mathiot, dans son rapport, préconise de supprimer les trois filières du bac général. A la place, les élèves suivraient un tronc commun et un enseignement de spécialité. 

En première, les 27 heures de cours hebdomadaires laisseraient majorité au tronc commun (15 heures contre 12 heures de spécialité), et le rapport serait inversé en terminale. 

Le tronc commun en classe de première pourrait comprendre des cours de maths, lettres, LV1, LV2, histoire-géo et EPS. En terminale, les élèves auraient tous des cours de philo, histoire-géo, LV1, LV2 et EPS.

Combinaisons de majeures

Pour leur enseignement de spécialité, un systèmes de majeures pourrait être mis en place. Les élèves devraient en choisir deux. Entre huit et dix combinaisons sont envisagées : 

  • Maths/Physique-chimie
  • Maths/SVT
  • Sciences de l’ingénieur / Physique-chimie
  • Maths/Informatique
  • Maths/SES
  • SES/Histoire-géo
  • Lettres/Langues
  • Lettres/Philo
  • Lettres/Arts
  • etc.

Les cours de majeures pourraient compter pour quatre heures par semaine, sur 27 au total. En plus de ces combinaisons, les élèves auraient aussi à choisir deux à trois mineures, avec la possibilité de prendre la même matière qu’en majeure, pour un enseignement renforcé.  Enfin, ce système pourrait également s’appliquer au bac technologique.

Pierre Mathiot et Jean-Michel Blanquer, le 24 janvier 2018. © TC/OE Pierre Mathiot et Jean-Michel Blanquer, le 24 janvier 2018. © TC/OE

Quatre épreuves finales au bac

Si les épreuves anticipées de français en première ne sont pas remises en cause, les épreuves finales en terminale devraient subir un grand chamboulement. Comme l’avais promis le président de la République pendant sa campagne, le bac devrait ainsi passer d’une dizaine d’épreuves finales durant l’année de terminale à quatre à partir de 2021.

D’abord, deux écrits sur les matières majeures choisies se tiendraient après les vacances de Pâques, afin d’intégrer ces résultats dans Parcoursup. En juin, la traditionnelle épreuve de philosophie devrait être conservée, accompagnée d’un grand oral

Inspiré de ce qui se fait en Italie, ce grand oral pourrait durer environ une demi-heure. Devant un jury de trois personnes, les élèves devraient composer et disserter sur une discipline du tronc commun et une autre de la majeure. Pierre Mathiot précise qu’il pourrait être similaire à l’oral sur projet, déjà commun dans les épreuves du bac technologique. 

Selon les recommandations du rapporteur, ces quatre épreuves compteraient pour 60 % de la note finale du bac.

Le casse-tête du contrôle continu

Les 40 % restants viendraient des notes obtenues en cours de cursus. Plusieurs options sont sur la table, parmi lesquelles des « épreuves ponctuelles », standardisées nationalement et anonymes, mais aussi le contrôle continu. 

Si rien n’est décidé pour le moment, l’option du contrôle continu a toutefois déjà trouvé ses opposants. Plusieurs organisations syndicales y sont défavorables, car elles y voient 

Fin des oraux de rattrapage

Autre grand changement : la suppression des oraux de rattrapage, organisés jusque-là en juillet, après les publications des premiers résultats. Ils pourraient être remplacés par l’étude du bulletin scolaire, qui pourrait compter jusqu’à 10 % de la notation finale. 

Concertation toujours en cours

Si la remise de ce rapport nous donne un aperçu plus précis de ce que devrait être le nouvel examen le plus symbolique de France, son application n’est pas encore définitive

Le ministère de l’éducation doit encore rencontrer les syndicats étudiants et enseignants, et des groupes de travail seront missionnés pour finaliser la réforme. Le projet de réforme définitif sera présenté devant le conseil des ministres le 14 février prochain.