Selon une étude, une grande majorité de jeunes Français est opposée au projet de loi Travail. Bien renseignés sur la question, ils estiment qu'elle ne permettra pas de faire reculer le chômage ni la précarité.

On s'en doutait, c'est désormais prouvé : la majorité des jeunes sont opposés à la loi Travail. C'est le principal résultat d'une enquête menée en mars et avril 2016, auprès de 2 726 jeunes de 16 à 27 ans, par Diplomeo.

Selon l'étude, baptisée « Parole aux jeunes », 68 % des jeunes sont contre le projet de loi El Khomri. Un chiffre nuancé selon le statut des répondants. L'opposition est en effet plus marquée chez les demandeurs d'emploi (76 %) et les lycéens (71 %) que chez les étudiants (65 %) et les jeunes salariés (67 %). Plus surprenant, les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à désapprouver le texte (72 % contre 60 %). 

Les jeunes sont bien informés

Mais les jeunes sont-ils bien renseignés sur la loi Travail ? A en croire l'étude, oui. 91 % disent avoir entendu parler du projet de réforme, 80 % affirme en avoir discuté avec leurs proches et 75 % déclarent avoir lu différents points du projet de loi. Et parmi ces jeunes qui se sont informés, trois sur quatre ne sont pas d'accord. 

Les mesures les plus décriées sont la réforme sur le licenciement économique (77 %), le plafonnement des indemnités prud'homales (71 %) et l'aménagement du temps de travail (64 %, dont 73 % des lycéens et 54 % des salariés). A l'inverse, les référendums d'entreprise séduisent 53 % des jeunes. A noter que l'enquête porte uniquement sur la première version du projet de loi et ne prend pas en compte les aménagements déjà apportés par le gouvernement, notamment concernant le plafonnement des indemnités prud'homales, désormais indicatif. 

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Chômage et précarité toujours préoccupants

Globalement, les jeunes ne pensent pas que cette loi facilitera leur avenir. Seuls 10 % d'entre eux seraient plus confiants pour leur avenir professionnel si elle était appliquée. Une fois de plus, les inquiétudes sont plus prononcées chez les jeunes femmes (7 % seraient confiantes) que chez les jeunes hommes (18 %).

Dans le détail, 69 % des 16-27 ans pensent que la loi travail ne permettrait pas de faire reculer le chômage. Les demandeurs d'emploi (75 %) et salariés (76 %) étant les plus catégoriques.  Et pour 83 % des des jeunes, elle ne ferait pas reculer la précarité.

Une bonne image des syndicats

Enfin, alors qu'une nouvelle journée de mobilisations se prépare (le 28 avril), l'étude montre la bonne image des syndicats lycéens et étudiants (Unef, Fidl, UNL...) auprès des jeunes. Le rôle qu'ils ont joué lors des mobilisations est positif pour 45 % d'entre eux et négatif pour 18 %. Les 37 % restants n'ont pas d'avis. 

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