Pour les signataires, mettre en œuvre la réforme sans l’accompagner de moyens conséquents revient à la condamner à l’échec.

Un groupe de 63 présidents d’université a apporté son soutien à la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) dans une tribune publiée dans Le Monde du 20 avril 2018, en émettant quelques conditions. 

« Moyens humains et financiers »

En effet, s’ils considèrent que cette réforme ne constitue « en rien une sélection » et peut permettre « d’organiser un accompagnement vers la réussite pour l’ensemble des lycéens qui auront fait  le choix de l’université », ils réclament également le déploiement de « moyens humains et financiers ». Pour eux, mettre en place la réforme « sans moyens nouveaux serait la condamner à l’échec ».

Dans leur texte, les signataires font état de trois facteurs pouvant expliquer l’échec des étudiants en licence : un « déficit d’orientation », un « déficit de compétence ou de maîtrise des outils nécessaires au travail universitaire » comme la prise de note et les difficultés à conduire un projet. 

Vidal « ouverte à la discussion »

Depuis plusieurs semaines, étudiants et enseignants mènent une mobilisation contre la loi ORE et Parcoursup dans une quinzaine d’universités en France. Avec cette tribune, c’est la deuxième fois que les présidents d’université interviennent dans le débat. Mercredi, six présidents avaient demandé à Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, l’ouverture de négociations autour de Parcoursup. 

La tribune d’aujourd’hui a toutefois mobilisé en plus grand nombre, puisqu’elle est signée par 63 des 73 présidents d’université.  Jeudi 19 avril sur Radio Classique, la ministre s’est montrée « ouverte à la discussion » : « J’entends que tout n’est pas parfait. Je l’ai toujours dit. Il y a des choses qui peuvent s’améliorer. »