Les établissements supérieurs français ont tendance à proposer de plus en plus de masters en alternance. La raison : un tel diplôme présente de nombreux points forts, à commencer par la possibilité de préparer un diplôme tout en acquérant une première expérience professionnelle. Tour d'horizon des cinq bonnes raisons pour lesquelles il est nécessaire d'opter pour un master en alternance.

L'alternance, aussi bien en contrat d'apprentissage que de professionnalisation, séduit de plus en plus d'étudiants. Malheureusement, en France, le constat se révèle être plutôt affligeant : sur les 7 875 masters proposés, seulement 647 peuvent être suivis via cette formule. La situation semble toutefois changer : les universités se tournent petit à petit vers ce type de formation, en créant notamment des unités de formation en alternance.

De nouveaux masters en alternance s'ouvrent également chaque année, dans les écoles comme dans les universités. Car un tel cursus présente des nombreux avantages. Si jamais vous hésitez encore à vous lancer, voici cinq bonnes raisons de choisir l'alternance dans le cadre de son master.

1. Acquérir des compétences en adéquation avec le marché du travail

"Les masters en alternance sont en totale adéquation avec les attentes et les demandes des employeurs", souligne Anne Steydli, chargée de mission apprentissage à l'université de Strasbourg, où six nouveaux diplômes en alternance vont être lancés à la rentrée. Les étudiants y acquièrent des compétences autant techniques que "sociales", allant de la prise de décision au travail en équipe, en passant par le sens des responsabilités. Des qualités particulièrement recherchées par les entreprises.

Les rythmes d'alternance - hebdomadaires, mensuels ou plus longs - sont d'ailleurs fixés en concordance avec les projets des entreprises. Ils sont toutefois soumis à des contraintes légales. "Un minimum de 400 heures de formation doivent être prévues pour les étudiants en contrat d'apprentissage, soit environ 12 semaines à l'université et 35 en entreprise. Et, concernant les contrats de professionnalisation, il faut un minimum de 150 heures de formation", précise Anne Steydli.

2. Un master moins coûteux

Les études supérieures ont un coût variable, pouvant parfois s'avérer très élevé, obligeant les étudiants à prendre en parallèle un petit boulot. L'alternance permet de résoudre cette contrainte financière. Et pour cause : l'entreprise prend en charge le prix de la formation et, chaque mois, l'étudiant perçoit une rémunération. Ce salaire est fixé par le Code du travail en fonction du type de contrat et du profil de l'étudiant.

"En master, le salaire est au minimum de 78 % du SMIC pour les contrats d'apprentissage, et de 80 % du SMIC pour les contrats de professionnalisation", explique Sandrine Cadenat, maître de conférences et chargée de mission alternance à l'Université Paris-Est Créteil (UPEC). Et d'ajouter : "Dans la réalité, et dans les deux cas, il est souvent supérieur et fixé selon le libre-arbitre des entreprises, à partir du moment où le minimum est respecté."

3. Bénéficier du statut de salarié et de ses avantages

"Le contrat d'apprentissage étant un contrat de travail, les alternants bénéficient, à ce titre, des mêmes droits et avantages que les autres salariés de l'entreprise", souligne Sandrine Cadenat. Ils cotisent ainsi auprès de l'assurance-chômage, bien utile s'ils ne sont pas employés directement à la sortie de leur diplôme, et aussi auprès de la caisse des retraites. Concernant ces dernières, des changements sont à prévoir après l'adoption définitive par le Parlement, en décembre 2013, du projet de loi de réformes des retraites.

Jusqu'à présent, la loi limitait à seulement douze mois la prise en compte de l'apprentissage dans les cotisations pour les retraites. Avec la nouvelle loi - qui n'est toutefois pas encore promulguée -, un trimestre d'apprentissage sera un trimestre validé pour la retraite. Une preuve de plus que les étudiants alternants sont des salariés à part entière !

4. Une meilleure insertion professionnelle

Des études diverses et variées le confirment : l'insertion professionnelle à l'issue d'un master en alternance est excellente. "L'insertion professionnelle est plus rapide avec un master 2 obtenu en alternance. Mais la réalité peut être différente en fonction des diplômes, et il est difficile de donner des pourcentages moyens", tient toutefois à préciser Sandrine Cadenat.

Surtout, l'insertion professionnelle s'avère être plus qualitative qu'avec un master "traditionnel", met en avant Anne Steydli. "Pour les alternants, la durée de recherche d'emploi est amoindrie, le poste obtenu en plus grande adéquation avec le diplôme, le niveau de responsabilité plus élevé et la rémunération supérieure. Car les alternants ne sont plus considérés comme des juniors", explique la chargée de mission apprentissage à l'université de Strasbourg.

5. Un emploi plus stable

A l'université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM), qui propose actuellement 75 masters dont 41 ouverts à l'apprentissage, le taux d'emploi stable 30 mois après l'obtention du diplôme s'élève à près de 92 % pour les apprentis, contre "seulement" 77 % pour les étudiants issus de cursus traditionnel.

Cette stabilité est "l'une des grandes tendances des masters en alternance", affirme Frédéric Toumazet, vice-président enseignements et professionnalisation au sein de l'établissement universitaire. La différence entre les étudiants des deux types de master se note également au niveau du taux de chômage : 4 % seulement chez les jeunes diplômés ayant opté pour un diplôme en alternance, contre 15 % chez les "classiques".