De nombreux 3èmes cycles permettent aux étudiants d'acquérir une spécialisation pointue et d'affiner leurs compétences.

Dans la majorité des cas, les étudiants se lancent dans la vie active une fois leur diplôme bac+5 obtenu. Mais certains ont un projet professionnel précis qui nécessite une année ou plus d'études supplémentaires. "Si le choix de poursuivre correspond à un projet professionnel bien réfléchi alors il ne faut pas hésiter", assure Philippe Lalle, Vice-président à la formation de l'université Claude Bernard de Lyon. Attention, quelle que soit la formation choisie, la sélection à l'entrée est très rude et s'attarde largement sur la pertinence du projet du candidat.

A la recherche d'une nouvelle approche

Le choix d'un 3ème cycle dépend souvent de la formation d'origine. De plus en plus d'universitaires optent pour une formation complémentaire dans une école pour découvrir une nouvelle pédagogie : "Des étudiants de Master viennent chez nous pour profiter de la notoriété de l'école auprès des entreprises et ça marche", affirme Jacques Tournut, responsable des Mastères spécialisés de l'ESC Toulouse.

Certains masters sont en effet considérés comme trop pointus par les recruteurs. Le passage par une école où les contenus sont plus généralistes avec une bonne dose de management et d'expérience professionnelle facilite l'insertion professionnelle.

Se forger un profil spécialisé

A l'inverse, certains diplômés d'écoles d'ingénieurs ou de management peuvent se tourner vers un master plus pointu à l'université ou un Mastère spécialisé en école. "Dans les grands groupes industriels, on peut se différencier par une forte spécialisation dans un domaine face aux candidats concurrents qui n'auront qu'un diplôme grande école généraliste", affirme Pierre Lamblin, directeur des études de l'APEC. L'acquisition d'une double compétence peut être intéressante pour un spécialiste qui veut évoluer vers la gestion de projet par exemple.

"Un ingénieur bac+5 attaché à l'industrie intéressé par l'encadrement des équipes évoluera beaucoup plus rapidement vers des fonctions de management s'il ajoute à son bagage un bon programme généraliste, par exemple en management de projets industriels", explique Cécile Escape, directrice générale d'un cabinet d'orientation. Cela peut être en école de commerce en Master spécialisé ou en université, par exemple le MAE (Master d'administration des entreprises) d'un IAE.

Les principaux diplômes post bac+5

Le Mastère spécialisé

Label délivré par la Conférence des grandes écoles (CGE) selon des critères précis, le Mastère Spécialisé (MS) est décerné à l'issue de formations spécifiques d'écoles de commerce et d'ingénieurs à un niveau Bac +6. Son principal intérêt : un caractère professionnalisant qui permet de se spécialiser dans un secteur ou dans un type de métier particulier. Très sélectif, il dure au moins deux semestres, à temps plein ou à temps partiel. Cette formation post-diplôme inclut 350 heures minimum d'enseignements théoriques ou pratiques, auxquelles s'ajoutent un travail personnel de recherche, en entreprise et la soutenance d'une thèse professionnelle.

Le Master of sciences

Le MSc est un programme en sciences ou en management accrédité par la CGE. Il s'adresse principalement aux titulaires d'un Bachelor ou d'une Maîtrise. D'une durée minimum de trois semestres, soit 450 heures, il allie enseignement théorique et une mission en entreprise ou dans un laboratoire de recherche de quatre mois minimum, débouchant sur la soutenance d'un mémoire. Son intérêt : une ouverture sur le monde professionnel, un bon encadrement grâce au système du tutorat et une formation principalement dispensée en anglais En 2008-2009, il y avait 55 MSc, suivis par 1 116 étudiants.
Chiffre clé en exergue :59 % des étudiants qui suivent un MSc sont étrangers.

Le Magistère

Imaginé pour concurrencer les diplômes des grandes écoles, le Magistère a un caractère très professionnel et une dimension d'excellence, notamment dans certains domaines tels que la finance. D'une durée de trois ans, avec 150 heures de plus par an que dans la filière classique, il fait la part belle aux stages (sept mois minimum). Avec la mise en place du système LMD dans les universités, la grande majorité des Magistères a été transformée en Masters. Les Magistères encore existants (entre 40 et 50) ne sont donc plus délivrés qu'au titre de diplômes d'université (DU) et ne relèvent que de la responsabilité des établissements qui les présentent.

Le DRT

Le Diplôme de Recherche Technologique (DRT) est destiné aux titulaires d'un Master et aux élèves-ingénieurs en dernière année. Peu connu des recruteurs, il devrait bientôt disparaître au profit du master, réforme LMD oblige. A la rentrée 2008, sept DRT étaient encore habilités.

Le MBA

Le Master of Business Administration est le diplôme de management par excellence. Il délivre une formation généraliste à vocation internationale. Il est accessible après un Bac +4 et trois à quatre années d'expérience. Certains MBA acceptent cependant des jeunes diplômés. Comptez de 10 00 à 25 000 €/an pour suivre cette formation d'un an en France.