Les jeunes et les non ou peu diplômés sont les plus touchés par la pauvreté, selon un rapport de l’Observatoire des inégalités.

Selon un rapport de l’Observatoire des inégalités, publié le 11 octobre dernier, la France compte cinq millions de personnes pauvres, c’est-à-dire vivant avec sous le seuil de pauvreté de 50 % du niveau de vie médian, soit 855 euros par mois. Cela représente un taux de pauvreté de 8 %. En considérant un seuil de 60 %, soit 1 026 € par mois, le taux de pauvreté atteint 14 %, avec 8,8 millions de personnes pauvres.

11,8 % des 20-29 ans sont pauvres 

Ce rapport pointe d’abord deux évolutions : entre 2006 et 2016, la pauvreté est en hausse en France (+628 000 personnes et +0,7 point pour le taux de pauvreté). Sur cinq ans en revanche, celui-ci est en baisse (- 106 000 personnes et -0,3 point).

« On a de bonnes raisons de penser, sinon que la situation s’est améliorée, du moins qu’elle ne se détériore plus au niveau global », écrit l’Observatoire des inégalités, qui reste toutefois prudent : « En 2017, la diminution du nombre d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA) (…) s’est arrêtée. Un mauvais signe. »

Mais s’il y a un élément alarmiste qui ressort du rapport, c’est le portrait de la pauvreté. Ainsi, 35 % des personnes pauvres ont moins de 20 ans, et 67 % sont diplômés d’un CAP ou moins. «On oublie trop souvent de mettre un visage sur les catégories les plus démunies. En première ligne, les plus jeunes sont les plus touchés par l’augmentation de la pauvreté », pointe l’Observatoire des inégalités. 

L’importance des prestations sociales

Le rapport complète : « On oublie plus encore les jeunes adultes de 20 à 29 ans, dont 11,8 % sont pauvres, souvent les peu diplômés en difficultés d’insertion professionnelle. » La pauvreté dépend donc également du niveau d’études, puisque « le taux de pauvreté des non-diplômés est trois fois supérieur à celui des diplômés d’un bac+2 ».

Quelles solutions ? Si l’Observatoire appelle « des mesures adaptées », sans plus de précision, il se veut surtout ardent défenseur du système social français. « Les prestations sociales permettent à plus de cinq millions de personnes d’échapper à la pauvreté », se félicite l’Observatoire, qui considère qu’ « on en a plus qu’ailleurs pour notre "pognon" », mais refuse de s’en contenter.