Le projet de service national universel obligatoire, voulu par Emmanuel Macron, ne remporte pas l’adhésion de la jeunesse. Une quinzaine d’organisations de jeunesse et de syndicats lycéens et  étudiants ont dénoncé publiquement ce projet « démagogique » et « contraignant ».

Le service national universel, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, n’en est encore qu’à ses prémices, mais il reçoit déjà un accueil très négatif de la part des organisations de jeunesses et syndicats étudiants. Dans une tribune publiée dimanche dans Le Journal du dimanche, quatorze d’entre eux dénoncent les « incohérences » du projet, ainsi que ses aspects « contraignant » et « démagogique »

« Cadre obligatoire, rigide et contraignant »

« Nous refusons de penser un dispositif d’engagement pour la jeunesse comme un devoir, un service que les jeunes auraient à rendre à la nation dans le but d’obtenir un statut de "bon citoyen" » écrit le collectif emmené par La Fage et l’Unef, les deux premiers syndicats étudiants.

L’une des caractéristiques du projet qui semble déplaire le plus les étudiants est son caractère obligatoire : « Ce projet souffre d’un premier décalage majeur entre d’un côté la volonté de jeunes qui, comme nous l’observons au quotidien, font le choix de s’engager de façon souple et diverse dans une recherche de sens comme d’épanouissement et, de l’autre, le cadre obligatoire, rigide et contraignant que le projet semble faire émerger. » 

1,6 milliard € par an

Le dernier rapport remis à Emmanuel Macron, fin avril dernier, présentait un service national obligatoire échelonné en trois parties, en fonction de l’âge. De 11 à 16 ans, les jeunes auraient une journée d’enseignement par an portant sur la défense et la citoyenneté. A partir de 16 ans, ils devraient obligatoirement effectuer jusqu’à un mois de formation, en internat, aux gestes de premiers secours et aux valeurs républicaines. Enfin, ceux qui le souhaitent pourraient ensuite, avant leurs 25 ans, s’engager dans un service civique ou au sein d’une réserve militaire pendant trois à six mois. 

Coût de l’opération : 1,6 milliard d’euros par an une fois en roue libre. D’autres dépenses sont à prévoir auparavant, notamment 1,7 milliard d’euros de construction de logements pour héberger les engagés. Le projet avait été décrié non seulement par les jeunes, mais également par l’opposition et par une partie des militaires, qui ne s’estiment pas aptes à former des étudiants. 

Accompagner les jeunes et promouvoir l’égalité

Le rapport préconise également à Emmanuel Macron de consulter la jeunesse. Il connaît désormais sa position sur le projet. Dans leur tribune, les 14 associations encouragent plutôt le gouvernement à consacrer cet investissement « à l’accompagnement des jeunes en difficulté, à la prévention des risques, au passage du code de la route, à des formations sur l’égalité femmes-hommes, sur les enjeux climatiques, sur la découverte d’autres cultures, etc. »

Les quatorze organisations signataires : Animafac, Coexister, La Fage, Jets d'encre, Les Jeunes Écologistes, Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), La Mutuelle des étudiants (LMDE), MAG Jeunes LGBT, Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Promotion et défense des étudiants (PDE), Syndicat général des lycéens (SGL), Unef, Union nationale lycéenne (UNL), Union nationale lycéenne – syndicale et démocratique (UNL-SD)