Présentation

Les vétérinaires sont trois fois plus nombreux qu'il y a trente ans. Travailler avec des animaux (chiens, chats, mais aussi parfois serpents) demande du sang-froid et un esprit d'analyse bien affûté pour réagir rapidement et efficacement aux situations d'urgence. La patience et l'écoute sont primordiales, face à des propriétaires de plus en plus exigeants. Si vous voulez travailler 35 heures, sans responsabilité ni stress, choisissez une autre profession.

L'ouverture d'un cabinet vétérinaire demande un gros investissement, c'est pourquoi les regroupements sont de plus en plus nombreux. Le vétérinaire peut aussi d'exercer dans un abattoir, des instituts de recherche publics ou dans l'industrie privée.

Des actes de plus en plus pointus

Les chiens et les chats constituent la majorité de la clientèle, mais il faut encore compter avec les animaux de la ferme. Comme les humains, ils sont parfois tressés, obèses, agressifs...

Marc Molho a choisi le métier de vétérinaire principalement en raison de la polyvalence qu'offrait la profession. "Mon choix s'est porté vers les chiens et les chats et je ne regrette rien, il y a de quoi s'amuser, je m'éclate tous les jours. Il y a, à mon avis, deux façons de travailler. Soit on traite le symptôme : le chien vomit, on lui prescrit un anti-vomitif et l'on s'ennuie vite ; soit on cherche les causes et là, c'est passionnant. Certes cette méthode prend plus de temps, donc on fait moins de consultations, mais les animaux y gagnent et c'est tout de même le but."

Les actes classiques, vaccination, castration, détartrage... sont les plus pratiqués en consultation, mais les actes chirurgicaux pointus sont en augmentation.

Un métier dévoreur de temps

Aux heures passées au cabinet, il faut ajouter les visites, les gardes et la surveillance des animaux hospitalisés.

"On ne débranche jamais totalement. Pour ma part je cogite tout le temps, le stress est souvent présent, car aucun d'entre nous n'est à l'abri d'une erreur de diagnostic. Cela fait toujours de la peine quand on perd un chien, il est indispensable de prendre sur soi."

Même discours et même vision du métier pour David Brouillet, qui partage la clinique. "Nous croyons également tous deux beaucoup en la spécialisation. Certains confrères disent encore aux propriétaires : "Non, tel acte n'est pas réalisable", car ils ne savent pas faire. J'ai une spécialisation en chirurgie et Marc en ophtalmologie, mais peu de généralistes nous envoient des animaux de peur que l'on récupère ensuite le propriétaire dans notre clientèle. Cette pratique n'est pas encore entrée dans les mœurs, mais comme la profession rajeunit..."

Formation

Comment devenir vétérinaire ?

Quatre écoles nationales préparent au diplôme d'état de vétérinaire : Maisons-Alfort, Nantes (Oniris), Lyon (Vetagrosup) et Toulouse. Ces établissements recrutent, via un concours très sélectif, des élèves issus de prépa BCPST ou BT, de L2 Sciences de la vie et de certains DUT, BTS et BTSA.

La scolarité dure un minimum de cinq années. Les quatre premières années composent un tronc commun à l'issu duquel est délivré le DEFV, de grade Master. Les étudiants poursuivent ensuite une année d'approfondissement ou de spécialisation, couronnée par la soutenance d'une thèse de doctorat vétérinaire.

Après le bac : La prépa “BCPST-Vétérinaire”

Ce cursus de deux ans s’adresse principalement aux bacheliers de série S option SVT. Toutefois, les titulaires d’un bac STL spécialité Biochimie-génie biologique ne sont pas en reste, puisque la prépa TB (Technologie-biologie) leur ouvre également les portes des concours d’entrée en école vétérinaire.

L’entrée en école vétérinaire

L’entrée en première année de ce second cycle est conditionnée par trois autres concours :

  • Le concours B pour les titulaires d’un DEUG Sciences, mention Sciences de la vie ;
  • Le concours C pour les titulaires de certains diplômes professionnels : BTSA, BTS ou DUT ;
  • Le concours D pour les titulaires d’un diplôme d’Etat de docteur en médecine, en pharmacie et en chirurgie dentaire

L’enseignement en trois ans est dispensé dans une école nationale vétérinaire. Il est à la fois théorique, pratique et clinique. Il est sanctionné par le Diplôme d’études fondamentales vétérinaires (DEFV), indispensable pour s’inscrire en master.

Le 3e cycle

Il comprend une voie professionnelle (préparation en une année d’une thèse de doctorat vétérinaire, acquisition de formations complémentaires optionnelles, spécialisation en trois ans, sanctionnée par un diplôme d’études spécialisées vétérinaires...) et une voie d’études doctorales (préparation d’un diplôme d’études approfondies et d’une thèse).

Témoignage

Allegra, interne dans une grande clinique vétérinaire

Chiens, chats, tortues, lapins, cochons d'inde, oiseaux… L'énumération des bêtes qu'Allegra peut être amenée à soigner ressemble à la liste des passagers d'une arche de Noé contemporaine. La jeune femme est en effet interne dans une grande clinique vétérinaire versaillaise, spécialisée dans les petits animaux.

"Je fais beaucoup d'urgences, d'autant que je multiplie les gardes la nuit", explique-t-elle. Certains petits compagnons peuvent ainsi arriver bien mal en point, avec des cas exigeant une hospitalisation. "Je peux aussi bien être amenée à  effectuer de la chirurgie, à placer un animal sous oxygène ou sous perfusion", précise la jeune femme.

Les termes peuvent sembler familiers. "C'est vraiment une médecine qui se rapproche énormément de la pathologie humaine", confirme Allegra. A l'instar des soignants des hommes, elle reçoit les "patients" en consultation pour établir un diagnostic et préconiser un traitement. Elle peut alors prodiguer des soins légers, vacciner, ou effectuer de petites opérations chirurgicales, comme des stérilisations, par exemple). "Je donne aussi beaucoup de conseils quand c'est un animal que l'on amène chez le vétérinaire pour la première fois", ajoute Allegra.

Aimer autant les hommes que les bêtes

Dans sa clinique, elle possède tout le matériel pour réaliser des examens pointus : laboratoire d'analyse, appareils radios, électrocardiogramme et même bientôt un scanner. Mais son travail se base aussi beaucoup sur l'observation. "Les animaux ont d'autres façons de s'exprimer : il est donc nécessaire de savoir décoder leurs réactions. Cela s'apprend au jour le jour, et on se fie aussi beaucoup à ce que nous disent les propriétaires", ajoute-t-elle.

La jeune femme est passionnée par ce métier, qui ne souffre pas de la monotonie. Tout n'est pourtant pas toujours facile. "Il ne faut pas se laisser abattre facilement car il y a beaucoup de décès", admet-elle. Vis-à-vis des propriétaires, qui peuvent être très affectés, le vétérinaire se doit également "d'avoir de l'empathie et de ne jamais sembler abattu", renchérit Allegra, pour décrire son métier qui exige finalement d'aimer autant les hommes que les bêtes.