Présentation

De Karl Lagerfeld à Sonia Rykiel, en passant par Jean-Paul Gautier et Coco Chanel. Ces noms font autant rêver que leur profession : styliste. Toujours le nez dans l'air du temps, ce professionnel crée en effet les collections de prêt-à-porter ou de haute-couture.

Le styliste concentre ainsi sa recherche sur l'allure du vêtement, sa forme, mais aussi la matière qui le composera et ses couleurs. Selon le domaine, ce métier peut s'exercer de différentes façons. Dans la haute-couture, par exemple, c'est la création qui prime. Le styliste peut ainsi y exprimer tout son talent et son avant-gardisme... mais les places sont très chères ! Dans le prêt-à-porter, la démarche créatrice reste la même, mais porte plus sur les matières et les coloris.

Pour y parvenir, le styliste, qui est à l'affut de nouvelles tendances en permanence, peut aussi bien s'inspirer de ce qui existe déjà, de la rue, de coupures de magazine, de modes venues de l'étranger... Mais il doit savoir prendre des risques, en dessinant des modèles qui lanceront de nouvelles modes. L'anticipation est donc au cœur de cette profession, le styliste travaillant deux ou trois saisons à l'avance !

Le style du styliste

On attend aussi d'un jeune styliste qu'il soit dynamique, qu'il ait un bon sens du relationnel, qu'il fasse preuve de persévérance et de motivation. Bien sûr, un bon look semble indispensable puisque c'est également son image que le styliste débutant va vendre en entretien. Enfin, les jalousies et la concurrence faisant partie intégrante de la profession, mieux vaut être doté d'un caractère bien trempé !

Avant de vous lancer et de choisir une spécialisation, ayez bien en tête que les offres de recrutement sont actuellement inférieures à la demande. Les places de stylistes dans le prêt-à-porter sont peu nombreuses et les créateurs doivent faire leurs preuves avant de s'imposer dans les maisons déjà reconnues, ce qui laisse peu de place aux débutants.

Le goût et les couleurs

A la base de toute collection de prêt-à-porter, le métier de styliste exige des qualités à la fois techniques et créatives souvent loin des stéréotypes véhiculés par l'imagerie traditionnelle de l'artiste rivé à sa table à dessin.

Contrairement aux idées reçues, dans le stylisme il n'y a pas que le dessin : avoir le sens des couleurs et des matières est largement aussi important. Car si le styliste réalise les croquis des modèles qui seront lancés sur le marché, il lui incombe également de choisir les tissus, les coloris et les impressions. Un registre d'activités qui s'étend encore à la capacité de s'inscrire dans une logique commerciale tout en conservant sa créativité.

Expérience et bouche-à-oreille

Dans ce milieu, relativement fermé et confidentiel, le talent ne suffit pas toujours : l'expérience et le bouche-à-oreille restent en effet des atouts majeurs pour les stylistes débutants. "J'ai multiplié les stages, en France comme à l'étranger. J'ai ensuite fait passer nombre de curriculum vitae avant d'être embauchée", se souvient Laura, jeune styliste évoluant chez Marc Jacobs, qui travaille désormais du côté de New York après plusieurs années passées à Paris.

En plus d'être déterminé, motivé et talentueux, le styliste doit maîtriser des logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO comme Fashion Studio, Photoshop...), qui sont devenus indispensables dans le métier. Tout comme la pratique de l'anglais, voire de l'italien, qui conditionne bien souvent les déplacements à l'étranger !

Formation

Pour exercer le métier de styliste, le choix d’une formation devra s’établir en fonction de ses propres affinités, de son profil, de son but professionnel et de son budget. Plusieurs BTS mènent notamment à cette profession : design de mode, textile et environnement ou industries des matériaux souples, option modélisme industriel. Il existe aussi un Diplôme des métiers d'art (DMA) arts textiles ainsi qu'un Diplôme supérieur des arts appliqués (DSAA) mode et environnement.

Enfin, des écoles spécialisées proposent des diplômes très spécifiques, en deux ou trois ans. Parmi ces établissements, on peut notamment citer l’Ensad (Ecole nationale des arts décoratifs), avec son diplôme design-vêtement, reconnu par la profession, et qui peut se prolonger par un Bachelor. Mais attention : l’accès à ces établissements se fait très souvent sur concours de haut niveau !

Témoignage

Bella, styliste chez Bill Tornade

Après une formation dans une académie des Beaux Arts à Moscou et deux années à Paris à l’école Esmod, j’ai effectué un stage chez Lanvin, puis intégré l’équipe de Bill Tornade. Nous concevons des vêtements de créateur, mais accessibles pour tous, nous sommes positionnés entre prêt-à-porter et haute couture.

Je travaille sur les collections homme, c’est très intéressant et aussi plus compliqué que pour la femme ! Il faut plutôt fabriquer des basiques, mais sans cesse renouvelés. Les temps forts sont les collections automne-hiver, printemps-été, et les défilés qui suivent. Mais le travail est intense toute l’année, puisque je démarre la collection suivante dès la fin d’un défilé.

Comme nous sommes une petite structure, une vingtaine de personnes au siège, j’ai en charge à la fois la partie artistique, les collections et les défilés. C’est passionnant, je continue à apprendre tous les jours.