Présentation

"Moteur...", "Action...", "Coupez !". Ces mots sont l'exclusivité du réalisateur sur un plateau de tournage. Car c'est lui le véritable maître d'œuvre d'un film.

Sensibilité et curiosité sont des qualités indispensables pour mettre sur pied des projets de fiction ou de documentaire. Le réalisateur étant au cœur du film, l'attention, la psychologie, la diplomatie et la disponibilité sont essentielles lors du tournage.

Les milieux de la télévision et du cinéma, dans lesquels évolue le réalisateur, sont particulièrement difficiles à pénétrer. Tout se fait par jeu de relations et par le biais de stages, car le système de petites annonces ne fonctionne pas dans ce domaine.

Il existe deux types de marché pour un réalisateur : le film de commande, de type institutionnel (clip, publicité, court-métrage...), avec un client à satisfaire ; et la fiction, un travail d'artiste totalement différent. Quoi qu'il en soit, ces deux univers sont extrêmement concurrentiels, et les salaires peuvent parfois atteindre des niveaux très élevés.

Le métier de réalisateur

"Lorsque vous êtes réalisateur d'une fiction, que ce soit à la télévision ou au cinéma," explique Serge Moati, "vous avez la charge de mener le film à son terme sur le plan artistique. Cela englobe la responsabilité de la direction d'acteurs, du découpage technique ainsi que le respect d'un budget et d'un devis. Vous êtes le patron artistique du film".

Une constatation valable pour le réalisateur de fiction, mais pas pour le réalisateur de documentaire, comme le souligne Serge Moati, qui s'est illustré dans les deux domaines aussi bien avec la série télé "Sami le pion" qu'avec ses "Carnets de campagne" lors des élections présidentielles. "En documentaire, le travail est différent. Il consiste à raconter une histoire prise dans la réalité. De fait, il n'y a pas de découpage technique. Car lorsque je fais un film sur les présidentielles, je ne connais pas la fin..." Des méthodes de travail différentes qui induisent naturellement deux types de préparation au tournage.

La réalisation, un travail d'équipe

Démarche plus personnelle, le documentaire se réalise en équipe plus restreinte. "L'envie de parler d'un sujet est à l'origine même de la naissance du documentaire", explique Serge Moati. S'ensuit alors une phase de réflexion durant laquelle le réalisateur cherche la manière dont il va aborder le sujet, puis de repérage au cours de laquelle il cherche des personnages et des situations. Vient ensuite le moment du tournage : le réalisateur part alors avec une équipe légère composée d'un preneur de son et d'un opérateur, selon que le réalisateur tient ou non la caméra.

En fiction, même si le réalisateur demeure le principal maître à bord, il s'agit davantage d'un travail de groupe. Le sujet est amené par le réalisateur, le producteur ou un auteur. Une fois le financement trouvé par le producteur, un plan de travail basé sur le nombre de jours de tournage est établi. La troisième phase est un travail de préparation du film mené de concert par le réalisateur, le premier assistant-réalisateur et le directeur de production. Une fois sur le plateau de tournage, c'est un travail d'équipe effectué avec l'aide de tout le personnel technique, auquel le réalisateur a réussi à faire comprendre ce qu'il voulait raconter et la manière dont il voulait le raconter.

Un métier à plusieurs facettes

Deux manières de fonctionner pour un seul et même métier. "Qu'il s'agisse de réaliser une fiction ou un documentaire, il s'agit pour moi du même métier, l'un ou l'autre genre étant basé sur l'expression", explique Serge Moati. "La séparation entre les genres est artificielle, chacun enrichissant l'autre à sa manière. Pour ma part, lorsque je fais une fiction, j'ai envie de faire du documentaire car je vois des choses de la réalité qui me touchent. De même, lorsque je suis confronté à certains faits quotidiens, je me dis que cela ferait un superbe sujet de fiction..."

Formation

Comment devenir réalisateur ?

Il existe de nombreuses façons d'exercer le métier de réalisateur. Mais, quoiqu'il en soit, une solide formation technique et artistique est nécessaire.

Les formations courtes

Un seul BTS s'applique à la réalisation : le BTS audiovisuel. La formation est moins poussée qu'en école de cinéma, et insuffisante pour essayer de s'introduire dans le milieu. Malgré tout, elle constitue une bonne base, ne serait-ce que pour se présenter ensuite aux concours des écoles de cinéma.

Le BTS se décline en cinq options : image, son, montage, administration de la production et des spectacles, exploitation des équipements audiovisuels.

Les formations longues

Il s'agit principalement de la filière universitaire, très généraliste et théorique. En premier cycle, vous opterez pour des parcours "licence" mention Cinéma et audiovisuel spécialisé dans la pratique et l’esthétique du 7e art.

Une bonne base pour accéder au master professionnel Cinéma et audiovisuel spécialité Scénario, réalisation production, au master professionnel Réalisation documentaire de création ou au master recherche Cinéma et audiovisuel spécialité Esthétique, analyse et création.

Les écoles

Parallèlement aux écoles publiques, il existe de nombreuses écoles privées d'audiovisuel préparant au métier de réalisateur. L'admission se fait la plupart du temps sur dossier et tests.

Témoignage

Noé Weil, réalisateur de publicités, de clips et de courts-métrages

Les débuts de carrière pour un réalisateur sont particulièrement difficiles, notamment sur le plan financier. "Il faut du talent, beaucoup de confiance en soi, supporter une pression intenable et travailler comme jamais", explique ainsi Noé Weil, réalisateur de publicités, de clips et de courts-métrages. Pour y arriver, le plus important est de développer une personnalité. "Ceux qui sortent du lot ont un véritable projet à proposer, et ont acquis une vraie vie intérieure et un langage propre à base d’écriture, d’écriture et… d’écriture", explique le jeune réalisateur.

Et pourtant, même si vous arrivez au sommet de la profession, "tout peut s’arrêter à n’importe quel moment si vous n’êtes plus en vogue. Il faut savoir qu'il y aura toujours plus talentueux que vous", met en garde Noé Weil. Alors si vous voulez avoir une chance, le conseil du réalisateur est d’intégrer une équipe technique, d’être le plus possible sur les plateaux pour observer et apprendre la technique.