Présentation

Presse écrite, radio, télévision. Si les médias au sein desquels le journaliste peut travailler sont divers, sa mission, elle, demeure la même : recueillir des informations, les vérifier, les trier puis les rendre accessibles au public.

Le journaliste peut exercer sous deux statuts différents : en tant que salarié au sein d'une rédaction ou en tant que pigiste. Dans ce deuxième cas, il est indépendant, travaille généralement à son domicile et collabore avec plusieurs supports qui le rémunèrent à la "pige" (un forfait établi pour une somme de travail donnée). Un statut qui offre plus de liberté, mais qui expose à davantage d'insécurité financière.

Aller chercher l'information

Du chien écrasé à la guerre en Irak, il doit être capable de couvrir tous les événements. Presse, télévision, radio, internet, il fait entendre sa plume par tous les médias. Quand il débute, le journaliste couvre tous les sujets : politique, faits divers, critique de spectacles...

Selon l'actualité, il part sur le terrain en urgence. En quotidien, la journée débute tôt le matin par une conférence de rédaction. Une discussion s'engage entre les journalistes et les rédacteurs en chef pour définir les sujets et la ligne éditoriale du journal. Une fois les thèmes distribués, chacun part faire son enquête.

Pauline est pigiste régulière pour la rubrique beauté d'un mensuel féminin. "À mes débuts, je ne bénéficiais d'aucun contact. J'ai donc téléphoné à toutes les marques que je connaissais pour apparaître sur leurs fichiers et être informée régulièrement. Depuis, je reçois les dossiers de presse, qui me permettent de me tenir au courant." Afin de mettre l'accent sur un produit ou un événement, certaines sociétés ou institutions invitent les journalistes à des conférences de presse. "J'en ai environ trois par semaine. C'est l'occasion de rencontrer d'autres journalistes et d'avoir une idée des informations qu'eux-mêmes traitent."

Opération brainstorming

Selon la périodicité du support, une conférence de rédaction réunissant journalistes et rédacteur en chef a lieu afin de définir les sujets à traiter. "Je me rends à la rédaction une fois par mois pour une réunion avec ma chef de rubrique et ma rédactrice en chef. J'expose mes idées, elles les leurs et nous décidons ensemble des futurs sujets traités." Une fois ces derniers définis, il ne reste plus à Pauline qu'à écrire ses articles.

"Je vérifie mes infos, organise mes idées et la structure de mon papier, prends des contacts et réalise des interviews. Une fois tous les éléments nécessaires réunis, il ne me reste plus qu'à rédiger mes articles." Avant de repartir sur un nouveau sujet et de rechercher d'autres interlocuteurs, toujours dans l'unique souci d'informer le grand public !

Priorité au lecteur

En télé, deux journalistes se lancent sur le terrain : le journaliste rédacteur, en charge des interviews et de la construction du sujet et le JRI, le journaliste reporter d'images, en charge de la réalisation des images. Parfois, ce dernier peut être polyvalent et couvrir les deux fonctions.

Une fois le sujet tourné, l'équipe rentre pour monter et enregistrer le commentaire. En radio, le journaliste transporte son micro à l'affût des phrases essentielles pour illustrer son papier. Sa voix est son principal instrument. Une fois le travail effectué, le sujet n'appartient plus au journaliste. Son papier est relu, coupé, reporté... La priorité reste le lecteur !

Curiosité et sens de l'écriture arrivent au premier rang des qualités exigées. Outre une grande rigueur, la capacité à travailler vite est très importante. Une grande motivation est conseillée, même si aujourd'hui Internet offre une manne d'emplois pour les journalistes débutants.

Tentez votre chance

Curiosité, style de l'écriture et culture générale arrivent au premier rang des qualités exigées pour exercer le métier de journaliste. L'honnêteté intellectuelle ainsi que la capacité à travailler vite et bien sont également très importantes. Ce métier requiert aussi réactivité et disponibilité, car l'actualité ne s'arrête jamais. Enfin, il est préférable d'avoir un carnet d'adresses bien rempli, que ce soit pour trouver un emploi, mais également pour traiter certains sujets.

L'avantage de cette profession, quand on débute, est qu'il est très facile de tenter sa chance. En effet, il ne faut pas hésiter à proposer une pige (contrat pour la réalisation d'un article) à n'importe quel site internet ou journal. Sinon, sollicitez un stage : les rédactions locales notamment sont de très bonnes écoles pour démarrer dans ce métier. Et, tôt ou tard, vous finirez par être lu !

Formation

Comment devenir journaliste ?

Après le bac

Après le bac, ou un bac+1, vous pouvez tenter d’intégrer un IUT. L’enseignement se répartit pour moitié en cours théoriques, pour moitié en travaux pratiques. Les élèves doivent réaliser un premier stage pendant l’été suivant leur première année d’études en presse écrite locale ou en secrétariat de rédaction, et un second de décembre à avril au cours de la seconde année, dans le média de leur choix. Il existe également quelques écoles de journalisme que vous pouvez intégrer post-bac ou en admissions parallèles à partir de bac +1.

Après bac+2/3

Les concours des écoles reconnues par la profession sont, eux, accessibles à bac +2 ou bac +3. Les universités proposent également des cursus à bac +4/5 permettant de s’engager dans cette voie.

Beaucoup d'apprentis journalistes passent aussi par un Institut d’études politiques (IEP) pour acquérir une bonne culture générale. Les universités proposent enfin des cursus à bac+4/5 permettant de s’engager dans cette voie.

Témoignage

Haydée Sabéran, journaliste pigiste pour Libération

"Je fais partie d’une génération qui s’intéresse beaucoup à la presse et aux questions de société et de politique. A 12-13 ans, je lisais déjà le Canard enchaîné. J’ai suivi la révolution iranienne, l’affaire des diamants de Bokassa… C’était l’époque de François Mitterrand, et un élan général soufflait dans notre société. Mon père lisait beaucoup les quotidiens…je crois que je suis devenue journaliste, à la fois pour l’épater et parce que j'aimais les journaux.

J’ai fait mon premier stage d’observation à Libération en 1987. Je découpais alors des dépêches… Mais j'observais beaucoup les journalistes et j’étais totalement subjuguée par ces personnes qui écrivaient très vite, et dont on voyait l’article le lendemain dans le journal. Cela me paraissait impossible !

"Le plaisir de rencontrer et de parler avec des gens"

Je suis devenue journaliste pour le plaisir de lire, je le suis restée pour le plaisir de rencontrer et de parler avec des gens. Le plaisir d’écrire est venu plus tard : je l'ai découvert en pratiquant le journalisme. Mais j’ai toujours eu la volonté de prendre le lecteur par la main et d’être pédagogue.

Ainsi, en 1999, après avoir travaillé pour Nord Eclair, et fait quelques piges pour Libération, j’ai été recrutée par Sorj Chalandon (prix Albert Londres 1988 et Grand prix du roman de l'Académie française 2011). J’étais très impressionnée car je l’admirais et je l’admire toujours beaucoup. Et c’est à "Libé" que j’ai fait le plus de progrès. Les chefs de services me faisaient des retours sur tous mes papiers. Ce va et vient permanent était comme une formation continue. C’est le meilleur moyen de progresser."