Présentation

L'éducateur spécialisé travaille auprès de toutes les populations fragiles. « Dans notre métier, c'est la population qui est spécialisée, pas nous », explique ainsi Emilie Marchesin, éducatrice spécialisée en droit de l'enfant. « Nous sommes confrontés à de grandes difficultés humaines comme le handicap, la précarité, l'abandon, les tabous, la prison... », ajoute-t-elle.

Ces difficultés touchent aussi bien les jeunes (problèmes familiaux, décrochage scolaire...) que les adultes (isolement, pauvreté, maladie...), ou les personnes en situation de handicap. Dans tous les cas, la mission est la même : « accompagner et soutenir, pas réparer », précise Emilie Marchesin. L'éducateur est également là pour aider les personnes à retrouver leur autonomie par le biais d'activités socio-éducatives telles que des ateliers d'arts plastiques, du soutien scolaire ou dans les démarches administratives, des cours d'alphabétisation, des sorties culturelles... Plus de 60 000 éducateurs spécialisés exercent ainsi leur activité dans les domaines de l'action sociale ou médico-sociale.

Un partage permanent

Face à des situations souvent délicates, « la principale difficulté est de savoir garder de la distance, explique l'éducatrice spécialisée avisée. Nous sommes confrontés à de grandes difficultés humaines : le handicap, la violence de genre, la précarité, l'abandon, les tabous... C'est dur de porter tout ça. » Ce métier requiert donc une extrême solidité psychologique.

« Il faut faire la part des choses entre vie privée et vie professionnelle, sinon on ramènerait tout le monde chez soi, ajoute-t-elle. Nous sommes peu reconnus et peu valorisés. Mais, malgré tout, c'est un métier passionnant et riche, où le partage est permanent. »

L'éducateur spécialisé doit aussi être à l'écoute des personnes qu'il accompagne, et ferme dans les conseils qu'il donne. Il doit montrer un intérêt profond pour les problèmes humains, et être capable de penser des projets de vie avec les personnes qu'il accompagne pour leur permettre de se réintégrer socialement et professionnellement.

Des connaissances médicales sont également parfois nécessaires quand il se retrouve face à des personnes atteintes de handicaps physiques ou mentaux. Il peut également s'appuyer sur l'équipe qui l'entoure composée de psychologues, psychiatres, personnels administratifs, assistants de service social, enseignants, magistrats.

Réapprendre à vivre

Une fois le problème cerné, il va s'efforcer de conseiller, d'aider et d'accompagner la personne pour qu'elle s'adapte mieux au monde qui l'entoure. Patience et persévérance sont deux qualités essentielles pour exercer ce métier. L'éducateur spécialisé est souvent confronté à des situations très difficiles et à la souffrance. Il doit lui-même être solide pour pouvoir apporter de l'aide aux autres.

Un bon équilibre personnel, au point de vue psychologique, émotionnel et affectif, est indispensable. Les éducateurs spécialisés sont majoritairement employés dans le secteur privé associatif (80 %), les collectivités locales (départements et communes) et divers organismes d'accueil spécialisé. C'est le secteur de l'enfance handicapée qui emploie le plus d'éducateurs spécialisés.

Formation

Pour exercer le métier d'éducateur spécialisé, le diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé (DEES), dispensé dans les quelques 80 écoles privées agréées par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité, est nécessaire.

Le concours est ouvert aux titulaires du bac (technologique, notamment ST2S, ou professionnel), d'un diplôme d'Etat de travail social ou paramédical sanctionnant deux ans de formations ou du certificat d’aptitude aux fonctions d'aide médico-psychologique ayant cinq ans d’expérience professionnelle. Le DEES se prépare en 3 ans.

Dernière mise à jour : 24 mars 2015

Témoignage

Emilie Marchesin, éducatrice spécialisée en droit de l'enfant

"Dans notre métier, c’est la population qui est spécialisée. Nous sommes en effet là pour accompagner et soutenir, pas pour réparer. La principale difficulté est de savoir garder de la distance, et être solide psychologiquement.

Il faut faire la part des choses entre vie privée et professionnelle, sinon on ramènerait tout le monde chez soi. Nous sommes confrontés à de grandes difficultés humaines : le handicap, la violence de genre, la précarité, l’abandon, les tabous… C’est dur de porter tout ça. Et en plus, nous sommes peu reconnus et peu valorisés. Mais, malgré tout, c’est un métier passionnant et riche, où le partage est permanent."