Présentation

Dans le bloc opératoire, bistouri à la main, le chirurgien plonge imperturbablement ses mains dans le corps du patient.

Les gestes sont précis, millimétrés. Un seul tremblement et c'est une vie qui peut s'éteindre : « Il ne peut pas y avoir de plus grande responsabilité que d'avoir une vie humaine entre les mains. Une opération peut durer plusieurs heures et c'est parfois difficile de conserver sa concentration pendant tout ce temps », avoue Jean-Vincent, chirurgien neurologue à Marseille. Évidemment, les conséquences ne sont pas exactement les mêmes si l'opération concerne le cœur ou la main. Les techniques non plus.

Connaître le corps humain sur le bout des doigts

Les chirurgiens choisissent leur spécialité pendant leur internat : orthopédie, ORL (Oto-Rhino-Laryngologie), cardiologie... il en existe une pour chaque partie du corps. Mais le chirurgien est avant tout un médecin généraliste qui connait les pathologies du corps humain sur le bout des doigts : « C'est indispensable d'avoir une connaissance globale de la médecine car sinon on pourrait faire des erreurs fatales. Par exemple, utiliser, un anesthésiant qui ne colle pas avec la maladie du patient pourrait le tuer », prévient Jean-Vincent.

Après une opération, le chirurgien continue de suivre son patient, lui prescrit un traitement et administre des soins postopératoires. Une majorité de chirurgiens exercent dans des hôpitaux publics. Néanmoins la tendance, depuis quelques années, voit un nombre croissant de ces professionnels exercer en partie ou à plein temps dans des cliniques privées.

Ce choix est avant tout d'ordre pécuniaire, même si l'exercice du métier dans une structure publique continue à assurer un salaire élevé. La moyenne de rémunération d'un chirurgien tourne en effet autour de 140 000 euros nets par an, mais elle varie en fonction de l'ancienneté, des spécialités et du lieu de travail.

Formation

Comment devenir chirurgien ?

C’est simple, pour devenir chirurgien, il n’y a que les études de médecine. Elles durent environ 12 ans découpés en trois cycles :

  • un premier cycle de deux ans composé de la première année commune des études de santé (PACES) suivie par la deuxième année du premier cycle des études médicales (PCEM2),
  • vient ensuite le deuxième cycle des études médicales (DCEM) en quatre ans ;
  • puis enfin, après les épreuves de l'examen classant national (ECN), un troisième cycle de spécialisation en chirurgie en cinq ans (DES), qui peut être complété par un diplôme d'études de spécialités complémentaires (DESC).

Depuis la rentrée 2014, il est possible d'être accepté dans plusieurs établissements directement en deuxième ou troisième année (sous certaines conditions).

Dernière mise à jour : 24 mars 2015

Témoignage

Thierry Frigolli, chirurgien orthopédiste au CHU de Nancy

« Depuis tout petit, je me suis intéressé au fonctionnement du corps humain, une mécanique merveilleusement complexe. Mais je n’aurais jamais pensé à l’époque que je serais chirurgien plus tard. Aujourd’hui, je partage mon temps entre les visites auprès des patients et le bloc opératoire. Je ne m’occupe que rarement de cas atteint de maladie mortelle. Mon boulot, c’est de réparer les articulations des bras, des jambes, de la main...

Ça peut paraître moins impressionnant que le travail de mes collègues qui s’attèlent au cerveau ou au cœur mais en fait, c’est tout aussi compliqué. Les nerfs et les articulations du corps sont incroyablement fragiles par moment. Avant chaque opération, je m’isole pendant une minute ou deux pour me concentrer.

C’est comme une répétition dans ma tête, je récapitule les opérations que je vais devoir effectuer... Ensuite, je me lance et je ne pense plus à rien. Je suis toujours mes patients après l’opération et quand je vois que grâce à moi, ils peuvent vivre normalement, je me sens très fier. »