Présentation

Transformer une ancienne usine en superbe loft, métamorphoser une buanderie sombre en bureau lumineux, mais aussi penser la configuration d'un restaurant de musée, d'une boutique de vêtement ou d'un accueil d'hôpital... L'architecte d'intérieur est amené à travailler sur des missions diverses et variées. Quatre murs et un toit suffisent en effet à vivre, mais pas forcément à vivre bien. Son rôle consiste donc à aménager l'espace conçu par l'architecte, en fonction des souhaits de ses utilisateurs.

Un homme d'espace

Suivant les demandes de ses clients, l'architecte d'intérieur est amené à trouver des solutions esthétiques et fonctionnelles. Il pourra, par exemple, proposer des aménagements de rangement dans un appartement minuscule, rénover une maison dans un style années 50, ou donner un sentiment d'espace grâce à un éclairage adéquat. Parfois encore, il sera en charge de créer ou de choisir des meubles originaux.

Dans son métier, l'architecte d'intérieur doit savoir allier créativité et technicité. Pas question en effet d'abattre une cloison sans connaître les contraintes du bâtiment, ou encore de refaire un éclairage de salle de bains sans tenir compte des normes électriques et avoir des connaissances en plomberie. Il lui faut également être au fait des normes réglementaires, au moment d'aménager un escalier, par exemple, ou de réhabiliter un immeuble en école.

Un métier de terrain

Pour l'architecte d'intérieur, tout commence par un état des lieux de l'espace à aménager. Avec le client, il définit les besoins et le budget disponible. Ensuite, commence dans son atelier un travail de conception et de préparation. Il doit ainsi tracer des plans, choisir les matériaux et les fournitures, établir des devis et proposer un budget et des délais.

Si sa proposition est validée, l'architecte d'intérieur enfile alors sa casquette de chef de chantier. Il s'occupe en effet de gérer les permis de construire et de contacter les différents artisans : charpentiers, plombiers pour le gros œuvre, carreleurs et peintres pour les finitions, etc. Il supervise ensuite la réalisation des travaux. Peu à peu, le projet qu'il a conçu prend ainsi forme.

Un travail indépendant

La majorité des architectes d'intérieur exercent en libéral. Ils peuvent travailler seuls ou se regrouper au sein d'un cabinet pour partager les charges. Enfin, une minorité est salariée d'un cabinet ou d'une agence. Cette dernière solution est souvent choisie par les jeunes diplômés, à la sortie de l'école, afin de se forger une première expérience et se constituer un carnet d'adresses.

Formation

La formation au métier d'architecte d'intérieur se déroule dans les écoles d'art, d'arts appliqués, des beaux arts ou encore d'architecture. Les cursus sont ouverts aux élèves titulaires d'un bac STI Arts Appliqués ou ayant effectué une année de remise à niveau artistique (MANAA).

Le BTS design d'espace option architecture d'intérieur est aussi un très bon tremplin pour intégrer ces formations. Les écoles délivrent un diplôme de niveau bac+4 ou 5, DSAA (diplôme supérieur d’arts appliqués), DNSEP (diplôme national supérieur d'expression plastique) ou certification propre à l'établissement.

Témoignage

Virginie, 28 ans, architecte d'intérieur

Créer une rampe d'accès pour personne handicapée, étudier un plan d'électricité… C'est le quotidien de Virginie, "archi d'intérieur", installée à son compte du côté de Montpellier (Hérault).

A 28 ans, elle dirige déjà une équipe d'artisans (menuisier, peintre, maçon, plombier…) depuis quatre ans, sur des chantiers de salons de coiffure, d'appartements ou de restaurants. Des espaces dans lesquels l'architecte, originaire de Bretagne, laisse exprimer sa créativité - qu'elle a développé très jeune "en coloriant joints de carrelage tapisseries avant même d'entrer en maternelle" - mais aussi son sens de la technique.

Cette technique, elle l'a découverte dès son premier stage, en classe de troisième, chez un architecte d'intérieur. "Je suis tombée des nues. C'était beaucoup moins amusant que ça ne le paraissait, on faisait beaucoup de plans techniques, de suivis de chantier… mais l'univers m'a vite séduite !"

Sûre de son choix, l'adolescente s'oriente dès la seconde vers un bac STI Arts Appliqués, au lycée Vauban de Brest (Finistère). "C'était un atout pour la poursuite de mes études dans cette voix, d'autant qu'il m'était possible de suivre une année de remise à niveau après le bac, en cas de réorientation."

Se chercher avant de trouver

Virginie attaque vraiment ses études d'architecte, directement après le bac. Elle aurait pu s'inscrire dans une école reconnue par le Conseil Français des Architectes d'Intérieur (CFAI). Mais, hésitant à se lancer dans un métier complexe si tôt, elle s'oriente d'abord vers un BTS Expression Visuelle, option Espaces de Communication, à La Souterraine (Creuse). "De la pub dans l'espace, ça paraissait plus abordable", se souvient la créatrice, alors en herbe. Un diplôme professionnalisant à l'issue duquel elle effectue un stage dans la conception de stands… et se sent prête à travailler !

Mais la réforme LMD est en cours et, par précaution, l'étudiante décide de s'inscrire en Licence d'Arts Appliqués Design d'Objet, du côté de Nîmes (Gard). "Un cursus qui m'a permis de théoriser la création et d'affiner mon projet : devenir architecte d'intérieur". Dans cette perspective, elle intègre en 2007 l'École supérieure d'architecture intérieure de Lyon (ESAIL), directement en troisième année, grâce à une passerelle comme il en existe désormais beaucoup dans le monde des études supérieures.

A force de travail et de déterminations, les tâtonnements de début de parcours n'empêchent pas Virginie de tracer son chemin lui permettant au final d'avoir plusieurs cordes à son arc, et sort de l'école avec trois offres de CDI. Mais elle décide finalement de s'installer à son compte. "Certains disent que c'est du courage. Je pense plutôt que c'est de l'inconscience", sourit Virginie, épanouie entre trois chantiers.