Samedi 23 mai, à l'occasion de la finale nationale du concours de sciences C.Génial, de nombreux lycéens français présenteront leurs initiatives scientifiques à la Cité des Sciences et de l'Industrie, à Paris. Pour Orientations, l'une des participantes, Alice Leurent, élève de première ES au lycée du Parc de Vilgénis à Massy, parle de son projet.

 

Une partie des élèves et un professeur ayant pris part au projet du lycée du Parc de Vilgénis, à Massy. Une partie des élèves et un professeur ayant pris part au projet du lycée du Parc de Vilgénis, à Massy.
Une partie des élèves et un professeur ayant pris part au projet du lycée du Parc de Vilgénis, à Massy. © DR

Un challenge multidisciplinaire. Depuis 2007, le concours C.Génial donne la possibilité à de jeunes collégiens et lycéens de réaliser, par équipe, un projet de nature scientifique et technique qui permet d'allier physique-chimie, mathématiques, technologie ou encore sciences de la vie et de la terre. L'objectif ? Susciter des vocations scientifiques auprès des jeunes. Un événement organisé par la fondation C.Génial et Sciences à l'Ecole, avec le soutien du ministère de l'Education nationale. Pour Orientations, Alice Leurent, élève de première ES au lycée du Parc de Vilgénis à Massy, et participante, présente son projet.

Orientations : Samedi 23 mai, tu participeras à la finale nationale du concours C. Génial, à l'Auditorium de la Cité des Sciences et de l'Industrie, à Paris pour présenter le projet du lycée du Parc de Vilgénis sur la contamination des champs de maïs. Qu'est-ce qui vous a donné l'idée de traiter ce sujet ?

Alice : Un jour, nous discutions de l'histoire d'un agriculteur australien qui a eu son champ de colza contaminé par un champ d'OGM (NDLR : organisme génétiquement modifié) qui se trouvait à côté. On s'est demandés s'il fallait avoir peur de ces champs et on a décidé de tester l'expérience nous-mêmes.

Orientations : Vous avez été 16 à développer votre étude : parmi vous, des élèves de seconde, de première ES, S, STI et de terminale S. Comment s'est passée la coopération ?

Alice : Très bien. Le fait qu'on soit tous de filières différentes a été très bénéfique car nous avions tous une manière de réfléchir qui n'était pas la même que les autres. Cela nous a permis d'aborder les problèmes sous différents angles. C'est beaucoup plus facile de réfléchir à plusieurs, du coup, nous avancions vite. Au début, les secondes étaient un peu moins à l'aise mais nous étions vraiment tous là pour travailler ensemble donc nous avons progressé mutuellement. Chacun partageait ce qu'il savait faire avec les autres, c'était une belle coopération.

Orientations : Quelles ont été les différentes étapes du projet ?

Alice : Tout d'abord, nous avons dû faire le choix du sujet. Puis, nous avons voulu observer le phénomène de contamination d'un champ de maïs par un autre. Alors, nous avons pris la décision de semer, sur un terrain dans notre lycée, deux types de maïs : un type dominant, à fruits jaunes, substitut à l'OGM, l'autre type récessif, à fruits blancs. Nous avons retourné la terre et semé le maïs.

Pendant un an, il a fallu arroser régulièrement et désherber autour de notre maïs, même pendant les grandes vacances. A la toussaint, nous avons récolté nos épis et constaté qu'il y avait bien des grains jaunes dans nos épis blancs : le champ avait donc été contaminé. A partir de là, nous avons fait des modélisations à l'aide d'un logiciel pour étudier cela d'un point de vue plus théorique. C'était très intéressant de comparer la théorie à la pratique.

Orientations : Qu'est-ce que tu en tires, d'un point de vue personnel ?

Alice : Je suis en filière ES donc cela m'a permis d'acquérir des connaissances scientifiques que je n'avais absolument pas. Cela m'a également fait progresser en informatique. Puis, nous avons présenté notre travail plusieurs fois à l'oral, à l'Institut Henri-Poincaré et au Cent Quatre par exemple, cela m'a fait progresser à l'oral.

Nous avons aussi beaucoup gagné en autonomie car même si nous étions encadrés par des professeurs, nous faisions tout nous-mêmes. Pour finir, il est toujours agréable de travailler dans une bonne ambiance. Cette expérience nous a permis de voir le côté pratique des sciences.

Orientations : Pour gagner le concours, il va falloir convaincre le jury, toi et tes camarades avez préparé un argumentaire ?

Alice : On a préparé une petite présentation. On veut mettre en avant le fait qu'on soit passés de la théorie à la pratique, c'est ce qui rend notre travail spécial et qui pourrait convaincre le jury. Je pense que nous avons notre chance. On ne connaît pas forcément les projets des autres mais comme nous nous sommes beaucoup impliqués dans le nôtre, cela nous ferait plaisir de gagner. Mais on ne peut jamais être sûr de rien.

Orientations : Est-ce que l'élaboration de ce projet t'a donné envie de creuser et de te lancer dans des études dans le domaine des sciences ?

Alice : Lorsque j'ai commencé ce projet, l'an dernier, j'étais en première. Je ne savais pas si je voulais aller en S ou en ES. Cela m'a permis de voir que je pouvais faire les deux. J'ai finalement choisi ES et après le bac, je vais m'orienter vers une classe préparatoire pour entrer en école de commerce.

Par contre, deux de mes amies qui ont participé au projet savent qu'elles veulent suivre des études scientifiques. Même si ce n'est pas mon but, participer à ce projet m'a permis de me rendre compte que les sciences sont partout, et que ce n'est pas juste de la théorie.